Guides › La sidération

Pourquoi on se fige, et pourquoi ce n’est pas un consentement

3 min de lecture · Sources à la fin · Mis à jour le 29 septembre 2026
La réponse courte
  • C’est la réaction la plus courante, et elle est involontaire.
  • Ce n’est pas un consentement, ni un échec.
  • Ce qui aide arrive plus tôt : remarquer, partir, le dire à voix haute.

LA SIDÉRATION

La plupart des femmes se figent.

Sur 298 femmes vues dans une clinique de Stockholm dans le mois suivant un viol, sept sur dix ont dit s’être figées — incapables de bouger, incapables d’appeler à l’aide.

70 %

ont signalé une immobilité tonique importante pendant l’agression. Près de la moitié — 48 % — l’ont décrite comme extrême.Möller, Söndergaard & Helström, 2017 — immobilité tonique pendant une agression sexuelle, 298 femmes dans un centre d’urgence pour victimes de viol, Stockholm.

Ça a un nom, et ce n’est pas un choix.

L’immobilité tonique : un arrêt involontaire et temporaire du mouvement sous l’effet d’une peur intense. Les animaux le font quand se battre est impossible. Les humains aussi. Personne ne le décide.

Teste-toi

Quelqu’un décrit une agression pendant laquelle elle est « juste restée allongée ». Qu’est-ce que ça te dit ?

Réponse: Que son corps s’est figé — la réaction la plus courante

Se figer est la réaction la plus courante face à une agression. Ce n’est ni une décision ni un consentement, et se défendre physiquement est l’exception — une norme qu’on n’impose à personne.

Möller, Söndergaard & Helström, 2017 — immobilité tonique pendant une agression sexuelle, 298 femmes dans un centre d’urgence pour victimes de viol, Stockholm.

Ce que ça fait.

Figée ou paralysée. Incapable de bouger, alors que rien ne te retient. Incapable d’appeler à l’aide. Engourdie, glacée, en train de te regarder de l’extérieur.

Si ça t’est arrivé, c’était ton corps.

Un réflexe, pas un manque de cran. Rien dans cette appli n’est une norme à laquelle tu aurais échoué.

APRÈS

Se figer rend l’après plus difficile.

Les femmes qui se sont figées avaient environ trois fois plus de risques de développer un TSPT ou une dépression sévère. Pas à cause de ce qu’elles ont fait — à cause de ce qu’on leur a fait pendant qu’elles ne pouvaient pas bouger.

×3

environ : le risque de TSPT (×2,8) et de dépression sévère (×3,4) chez les femmes qui se sont figées, par rapport à celles qui ne se sont pas figées.Möller, Söndergaard & Helström, 2017 — immobilité tonique pendant une agression sexuelle, 298 femmes dans un centre d’urgence pour victimes de viol, Stockholm.

PLUS TÔT

Alors la réponse se situe plus tôt.

La sidération arrive avec l’agression. Chaque compétence de cette appli se situe avant ce moment : remarquer, partir, dire non à voix haute. C’est plus tôt que les choix existent encore.

Teste-toi

Quand la sidération prend-elle le dessus ?

Réponse: Au moment de l’agression, sous l’effet d’une peur intense

C’est une réaction à une menace intense et immédiate. C’est pour ça que les compétences qui comptent sont celles qu’on utilise avant ce point — remarquer tôt et partir tôt.

Möller, Söndergaard & Helström, 2017 — immobilité tonique pendant une agression sexuelle, 298 femmes dans un centre d’urgence pour victimes de viol, Stockholm.
Ce que ce guide ne peut pas faire

Personne n’a montré que l’entraînement empêche de se figer, et cette appli ne le prétendra pas. Ce que la pratique change, c’est à quel point tu agis tôt, et si « non » est un mot que tu as déjà dit à voix haute.

Entraîne-toi au mot, pas au combat.

Dire non à voix haute dans une pièce vide n’a rien de ridicule. Les exercices de voix existent pour que la première fois que tu cries ne soit pas le pire jour de ta vie.

Sources

  1. Möller, Söndergaard & Helström, 2017 — immobilité tonique pendant une agression sexuelle, 298 femmes dans un centre d’urgence pour victimes de viol, Stockholm.
  2. Senn et al., New England Journal of Medicine, 2015 — essai randomisé d’un programme de résistance aux agressions sexuelles, 893 femmes.